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Mis à jour le 10/02/2025 6 min

Plus-value immobilière : calcul, fiscalité, exonération

Sommaire

La plus-value immobilière correspond au gain réalisé lorsque le prix de vente d’un bien immobilier dépasse son prix d'achat initial. Cette différence, après déduction des frais et abattements éventuels, peut être soumise à une imposition conséquente. Il est donc essentiel de comprendre comment calculer la plus-value, quels sont les taux d’imposition appliqués et les exonérations possibles.

Quelles opérations sont concernées par la taxation sur les plus-values ?

La taxation des plus-values immobilières ne concerne pas uniquement la vente classique d'une maison ou d'un appartement.

Les opérations suivantes peuvent être imposées :

  • Vente de biens immobiliers : Que vous vendiez un appartement ou une maison, ou encore un terrain, la plus-value réalisée sera soumise aux mêmes règles de taxation.
  • Cession de parts de sociétés civiles immobilières (SCI) : notamment celles soumises à l'impôt sur le revenu.
  • Vente de droits attachés à un bien immobilier : par exemple, la vente d'une servitude.
  • Certaines opérations spécifiques : comme les échanges de biens, les partages (qui peuvent bénéficier d'une exonération partielle ou totale selon le contexte familial) et les apports en société.

Quand paie-t-on de la plus-value sur une maison ?

On paie de la plus-value sur une maison lorsqu’elle n'est pas exonérée (par exemple, si ce n'est pas la résidence principale) et que la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, après déductions, est positive.

La plus-value est imposée dès la signature de l'acte de vente. En règle générale, le notaire prélève directement l'impôt sur le prix de vente afin de le reverser à l'administration fiscale.

Comment se calcule la plus-value sur un bien immobilier ?

La plus-value immobilière est la différence entre le prix de vente d’un bien immobilier et son prix d’achat, après prise en compte de certains frais.

Elle se calcule comme suit :

Plus-value brute = Prix de vente - (Prix d'acquisition + frais associés)
  • Le prix de vente du bien immobilier peut être réduit des frais supportés pour la vente, comme les commissions d’agence ou les diagnostics immobiliers.
  • Le prix d'acquisition comprend le prix d’achat initial, majoré de frais tels que les droits de mutation, honoraires de notaire, et peut inclure un forfait de 7,5 % si les frais réels ne sont pas justifiés.
  • Pour un bien détenu plus de cinq ans, un forfait de 15 % peut être appliqué au titre des travaux, même sans justificatifs. Si les travaux justifiés dépassent ce montant, ils peuvent être déduits à condition qu’ils aient été effectués par une entreprise.

Quel est le taux d'imposition sur la plus-value immobilière ?

La plus-value immobilière est soumise à deux types de prélèvements :

  • L’impôt sur le revenu (IR) : 19 %
  • Les prélèvements sociaux : 17,2 %

En cas de plus-value imposable dépassant 50 000 €, une surtaxe allant de 2 % à 6 % peut s’appliquer. Ainsi, le taux total d’imposition peut atteindre un maximum de 36,2 %.

À noter :

Le taux global d'imposition de 36,2 % (19 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux) peut sembler élevé, mais il s'applique uniquement si la plus-value n'est pas soumise à des abattements. En cas de surtaxe pour des plus-values supérieures à 50 000 €, le taux total peut atteindre jusqu'à 42,2 % dans les cas extrêmes. Cela dépend de la tranche dans laquelle la plus-value se situe, la surtaxe étant progressive.

Tableau récapitulatif des taxes et taux appliqués

Nature de l'impositionTaux appliqué
Impôt sur le revenu (IR)19 %
Prélèvements sociaux17,2 %
Surtaxe (pour plus-values > 50 000 €)De 2 % à 6 % (selon le montant de la plus-value)
Total sans surtaxe36,2 %
Total maximal (avec surtaxe)Jusqu'à 42,2 %
Bon à savoir :

Surtaxe progressive : appliquée par paliers, la surtaxe commence à 2 % pour une plus-value supérieure à 50 000 € et augmente jusqu'à 6 % selon la tranche. Cas particulier : des abattements peuvent réduire ces taux effectifs, notamment en fonction de la durée de détention du bien.

Exonérations de la plus-value immobilière

Certaines situations permettent une exonération totale ou partielle de la taxation sur la plus-value.

Voici les principaux cas :

  • Vente de la résidence principale et de ses dépendances : L'exonération pour résidence principale est applicable dès lors que le bien vendu est le logement principal du vendeur au moment de la vente. 
  • Vente d’un bien détenu depuis plus de 30 ans, bénéficiant d'une exonération totale : cet argument incite certains propriétaires à conserver leurs biens pour atteindre cette durée et échapper à l'imposition.
  • Première vente d’un logement à condition de réinvestir la somme dans l’acquisition d’une résidence principale.
  • Cessions inférieures à 15 000 € : cela s'applique généralement à de petites ventes, comme celle d'un garage ou d'une parcelle de terrain de faible valeur.
  • Expropriation pour cause d’utilité publique.

Exemple d'imposition d'une plus-value immobilière

Exemple concret

Un propriétaire vend un appartement pour 300 000 €, qu’il avait acheté 200 000 € dix ans auparavant. Il a dépensé 15 000 € pour des travaux justifiables et 10 000 € de frais d’achat (notaire, droits).

Calcul :

  • Prix d'acquisition ajusté : 200 000 € + 10 000 € (frais d’acquisition) + 15 000 € (travaux) = 225 000 €
  • Plus-value brute : 300 000 € - 225 000 € = 75 000 €
  • Imposition : 75 000 € x 19 % (IR) = 14 250 €
  • Prélèvements sociaux : 75 000 € x 17,2 % = 12 900 €
  • Total de l’imposition : 14 250 € + 12 900 € = 27 150 €

Avant de procéder à la vente d'un bien immobilier, il est conseillé de réaliser une simulation de prêt immobilier pour évaluer la capacité de financement de vos futurs projets.

Comment éviter ou minorer la plus-value immobilière ?

Comment éviter de payer la plus-value immobilière ?

2 cas de figure permettent d’éviter de payer la plus-value immobilière : 

  1. La vente de la résidence principale : c’est la meilleure façon d’éviter l’imposition. Cette exonération s'applique même si le vendeur en a fait sa résidence principale pendant une courte période, à condition que cela soit prouvé.
  2. Des exonérations spécifiques : certaines ventes, telles que celles faites par des personnes âgées à faibles ressources ou des cessions entre membres de la même famille sous certaines conditions, peuvent aussi être exonérées.

Comment minorer la plus-value immobilière ?

S’il n’est pas possible d’éviter la plus-value, un investisseur immobilier pourra par exemple minimiser la fiscalité sur la plus-value en prenant en compte des stratégies telles que la durée de détention prolongée ou la défiscalisation immobilière.

Voici différentes possibilités : 

  • Inclure des travaux déductibles (travaux d’amélioration ou de rénovation) dans le prix d'acquisition permet de réduire la base imposable.
  • Justifier les frais d’acquisition et de notaire ou utiliser le forfait de 7,5 % peut majorer le prix d'achat.
  • Abattements pour durée de détention : Compter sur les abattements pour durée de détention, qui permettent de minorer la base imposable chaque année après la 5e année de détention.

Comment ne pas payer la plus-value sur une résidence secondaire ?

Le cas de la plus-value d’une résidence secondaire est un peu spécial. 

  • Certains propriétaires choisissent de transformer temporairement leur résidence secondaire en résidence principale avant de la vendre, mais cette pratique doit être encadrée pour ne pas être considérée comme de l’évasion fiscale.
  • Si le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale dans les quatre années précédentes et utilise le produit de la vente pour acheter une nouvelle résidence principale, il peut bénéficier d'une exonération partielle.

Délai pour ne pas payer de plus-value : pourquoi attendre 5 ans avant de vendre ?

Attendre plus de cinq ans avant de vendre permet de bénéficier d’abattements progressifs.

À partir de la 6e année, des abattements de 6 % par an s’appliquent, menant à une exonération complète au bout de 22 ans pour l’IR et de 30 ans pour les prélèvements sociaux.

La plus-value immobilière peut avoir un impact fiscal important, mais une bonne compréhension des règles de calcul, des exonérations et des stratégies de réduction permet de mieux gérer cette imposition.

    Karine Dabot
    Karine Dabot - Avocate associée

    Cet article a été relu par Karine Dabot, avocate depuis 1994 au barreau d'Aix-en-Provence.

    Spécialisée en droit bancaire, voies d'exécution et droit des sûretés, elle intervient principalement en contentieux civil et commercial, transactions immobilières et saisie immobilière.