Peut-on obtenir un prêt immobilier avec un CDI et un conjoint au chômage ?
Lorsque l’un des deux emprunteurs est en CDI et l’autre au chômage, l’obtention d’un crédit immobilier reste possible, à condition de présenter un dossier solide et rigoureusement préparé. Les banques cherchent avant tout à s’assurer de la stabilité et de la capacité de remboursement du foyer. Bonne nouvelle : un projet immobilier reste envisageable, à condition de bien comprendre les critères d’évaluation et de mettre toutes les chances de votre côté.
Résumé de cet article :
- Oui, il est possible d’obtenir un prêt immobilier avec un CDI et un conjoint au chômage.
- La banque se base principalement sur le revenu stable du titulaire du CDI.
- Le chômage réduit la capacité d’emprunt globale, mais peut être compensé par un bon apport personnel ou des garanties solides.
- Emprunter seul ou à deux dépendra du profil du couple et des perspectives de retour à l’emploi.
- Des solutions comme le PTZ, le prêt Action Logement ou la caution solidaire peuvent aider à concrétiser le projet.
Peut-on obtenir un prêt immobilier avec un CDI et un co-emprunteur au chômage ?
Un CDI constitue la situation professionnelle la plus rassurante pour les banques. Il garantit des revenus stables et durables, un atout de poids pour décrocher un prêt immobilier .
La présence d’un conjoint au chômage n’interdit donc pas le crédit, mais elle modifie l’évaluation du risque. L’établissement prêteur fondera son analyse prioritairement sur le revenu du conjoint en CDI, seul revenu considéré comme suffisamment stable pour garantir le remboursement du prêt.
En pratique, la banque tiendra compte :
- Du revenu net mensuel du salarié en CDI ;
- De la durée du chômage de l’autre conjoint et de ses perspectives de retour à l’emploi ;
- De l’épargne disponible et de la gestion des comptes ;
- Du taux d’endettement global du ménage.
Certains établissements peuvent demander à rencontrer les deux co-emprunteurs pour évaluer la situation du conjoint sans emploi, surtout s’il bénéficie d’allocations chômage ou d’un projet professionnel concret à court terme.
Comment les banques évaluent-elles ce type de profil mixte (CDI + chômage) ?
Les banques s’appuient sur plusieurs indicateurs pour évaluer le risque d’un prêt immobilier en couple CDI et chômage.
L’objectif : vérifier que la mensualité de crédit reste supportable pour le foyer malgré un revenu unique.
1. Le taux d’endettement
Le taux d’endettement représente la part de vos revenus mensuels consacrée au remboursement de vos crédits (immobilier, auto, consommation, etc.).
En France, les établissements bancaires appliquent en général une limite de 35 % des revenus nets du foyer, assurance comprise. Au-delà, le risque de défaut est jugé trop élevé.
Dans un couple où un seul conjoint est en CDI, le calcul s’appuie uniquement sur son salaire. Si ce dernier perçoit, par exemple, 2 500 € nets par mois, la mensualité maximale ne pourra pas dépasser environ 875 €.
En conséquence, la capacité d’emprunt sera mécaniquement inférieure à celle d’un couple disposant de deux revenus d’activité.
Cependant, les banques peuvent faire preuve d’une certaine flexibilité si le dossier présente des atouts solides (épargne, ancienneté professionnelle, perspective de retour à l’emploi du conjoint…).
Certains établissements utilisent aussi des critères complémentaires comme le “reste à vivre”, qui permet d’apprécier la situation de manière plus fine.
Vous pouvez réaliser une simulation de prêt immobilier sur le site du Crédit Agricole pour estimer le montant maximal que vous pouvez emprunter en fonction de vos revenus et de la durée souhaitée.
2. Le “reste à vivre”
Le reste à vivre correspond à la somme disponible chaque mois après le paiement de toutes les charges (crédits, impôts, assurances, etc.).
Il s’agit d’un indicateur déterminant, permettant aux banques d’évaluer la capacité effective du foyer à faire face à ses dépenses courantes : logement, alimentation, transport, santé, loisirs…
Un bon reste à vivre rassure le prêteur, même si un seul conjoint travaille.
En pratique, les établissements exigent un minimum de 800 à 1 000 € pour une personne seule, et environ 400 € supplémentaires par personne à charge.
Ces seuils varient selon la localisation et le niveau de vie global du ménage.
Si le conjoint au chômage perçoit des allocations ou contribue à alléger certaines dépenses (garde d’enfants, entretien du logement, etc.), cela peut être pris en compte pour pondérer positivement l’évaluation du dossier.
Exemple concret : Un couple avec un revenu unique de 2 800 € et un loyer modéré de 600 € disposant d’un bon reste à vivre pourra être jugé aussi fiable qu’un couple à deux revenus mais très endetté.
3. L’épargne et l’apport personnel
Une épargne solide et un apport personnel conséquent peuvent compenser une partie du risque lié au chômage du conjoint.
Les banques y voient la preuve d’une bonne gestion budgétaire et d’une capacité à anticiper les aléas financiers.
Un apport de 10 à 20 % du prix du bien est généralement recommandé, mais plus il est élevé, plus le dossier inspire confiance.
Cet apport permet non seulement de réduire le montant du crédit, mais aussi d’alléger le coût global du projet (frais de notaire, garanties, assurance…).
Si le conjoint au chômage dispose d’une épargne personnelle (livret A, PEL, assurance vie), il est possible de l’intégrer à l’apport commun pour renforcer la crédibilité du dossier sans qu’il ait besoin de figurer comme co-emprunteur.
Enfin, la capacité à maintenir une épargne mensuelle après le remboursement du crédit est un critère très apprécié des conseillers bancaires. Cela montre que le ménage reste en mesure de faire face à un imprévu ou à une future baisse de revenus.
Le rôle du CDI : un pilier pour convaincre la banque
Le revenu stable du salarié en CDI reste la clé de voûte du dossier. C’est sur cette base que la banque calculera la capacité d’emprunt.
Un CDI dans une entreprise solide, accompagné de fiches de paie régulières et d’une ancienneté de plusieurs mois, apporte la crédibilité nécessaire.
Pour renforcer le dossier, il est conseillé de :
- Présenter une situation professionnelle claire (poste, ancienneté, contrat à durée indéterminée) ;
- Joindre les justificatifs récents (fiches de paie, avis d’imposition, attestations d’emploi) ;
- Mettre en avant la stabilité du foyer (loyer payé sans incident, absence de découvert, etc.).
N’hésitez pas à réaliser une simulation de prêt immobilier pour connaître votre capacité d’emprunt réelle selon vos revenus et la durée de remboursement souhaitée.
Prêt immobilier : que change le chômage dans votre dossier ?
Le chômage réduit mécaniquement le montant maximal empruntable, puisque la banque ne prend en compte que le revenu stable.
Cependant, les allocations chômage peuvent parfois être partiellement intégrées au calcul, notamment si leur durée de versement restante couvre une part significative du prêt à court terme.
| Situation du conjoint | Revenu pris en compte par la banque | Impact sur l’emprunt |
| Chômage temporaire (indemnisation en cours) | Partiellement ou non selon la durée d’indemnisation | Capacité d’emprunt réduite |
| Chômage long ou reconversion sans date de reprise | Non pris en compte | Emprunt basé uniquement sur le revenu du CDI |
| Chômage après démission sans droits ouverts | Non pris en compte | Dossier fragilisé, nécessité d’un apport plus fort |
Certaines banques acceptent de reconsidérer le dossier si le conjoint retrouve un emploi avant la signature de l’offre de prêt.
Faut-il emprunter seul ou à deux ?
Dans un couple CDI et chômage, la question du co-emprunt mérite réflexion.
Emprunter à deux peut sembler logique, mais cela implique une solidarité de remboursement : si l’un ne paie plus, l’autre est tenu d’assumer la totalité du prêt.
Emprunter seul
Le salarié en CDI peut tout à fait emprunter seul si son revenu est suffisant.
Cela permet à la banque de se baser sur un profil clair, sans pénaliser la capacité d’emprunt par un second revenu instable.
Emprunter à deux
Le co-emprunt demeure envisageable lorsque le conjoint au chômage apporte une contribution patrimoniale significative (apport personnel ou épargne), susceptible de renforcer la solidité globale du dossier. Son implication peut alors renforcer le dossier sans que ses revenus ne soient intégrés.
Le co-emprunt engage les deux partenaires sur la durée, qu’ils soient mariés, pacsés ou en union libre. En cas de séparation, la désolidarisation du prêt devra être demandée à la banque.
Quelles alternatives et aides pour faciliter l’accès au crédit ?
Même avec un chômage temporaire dans le couple, plusieurs dispositifs d’aide peuvent soutenir votre projet immobilier :
- Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) : réservé aux primo-accédants, il peut financer une partie de l’achat sans intérêts.
- Le prêt Action Logement : accessible si l’un des conjoints travaille dans une entreprise du secteur privé d’au moins 10 salariés.
- Le prêt à l’accession sociale (PAS) : octroyé sous conditions de ressources, il permet de bénéficier de taux de crédit immobilier avantageux.
- Les garanties alternatives comme la caution d’un organisme ou une hypothèque peuvent rassurer la banque.
Enfin, la mise en place d’une garantie co-emprunteur solide et d’une assurance emprunteur adaptée (incluant les risques de perte d’emploi) renforce la sécurité du dossier.
FAQ
Est-il possible d’emprunter avec un seul CDI ?
Oui, c’est tout à fait possible si vos revenus permettent de respecter le taux d’endettement maximal. De nombreux ménages obtiennent un prêt immobilier avec un seul CDI, surtout s’ils disposent d’un apport ou d’une épargne de précaution suffisante.
Est-ce que le chômage compte pour un prêt immobilier ?
Les allocations chômage peuvent être partiellement prises en compte par certaines banques, mais seulement si leur versement est garanti sur plusieurs mois. En revanche, une absence totale de revenus ou un chômage longue durée ne sont pas considérés comme une ressource stable.