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DPE électricité
Conseil
Crée le 6 min
Auteur : Olivier Djebali - Rédacteur

DPE électricité : quel impact du chauffage électrique sur le diagnostic de performance énergétique ?

Le chauffage électrique a récemment fait l’objet d’une évolution de calcul majeure au sein du DPE d’un logement. Depuis le 1er janvier 2026, le DPE électricité change d’approche et devient beaucoup moins pénalisant qu’il ne l’était auparavant. Que vous soyez vendeur, acheteur ou investisseur potentiel, voici le nouvel impact du chauffage électrique dans le DPE.

DPE et électricité : ce qu’il faut retenir

  • Le coefficient de l’électricité passe de 2,3 à 1,9 dès 2026, ce qui rend le DPE moins pénalisant pour les logements chauffés à l’électricité.
  • L’isolation reste le facteur principal du classement énergétique.
  • Le mode de chauffage compte, mais il n’est qu’un élément parmi d’autres dans le DPE.

DPE et électricité : de quoi parle-t-on exactement ?

Le DPE et le diagnostic électrique sont deux choses différentes. Le DPE évalue la performance énergétique d’un logement, en le classant de A et G. Le diagnostic électrique, lui, analyse l’état d’une installation électrique. Le diagnostic électrique fait partie des diagnostics obligatoires, comme le DPE.

Pour résumer : la différence entre DPE et diagnostic électrique

  • Le diagnostic électrique vérifie l’état d’une installation électrique, l’état du tableau électrique ou encore la sécurité des prises de courant
  • Le DPE mesure la performance énergétique d’un logement qui se voit attribuer une étiquette énergie, obligatoirement présente sur une annonce de mise en vente ou de mise en location

Qu’est-ce qui rentre en compte dans le DPE ?

Un diagnostiqueur certifié passe au crible différents aspects d’un logement pour établir le DPE. Le calcul du DPE d’un logement, soit sa consommation d’énergie et son niveau d’émission de gaz à effet de serre, se fonde sur ces différents aspects :

  • L’isolation du logement (murs, toiture, planchers, fenêtres)
  • Le système de chauffage
  • L’équipement de production d’eau chaude
  • La ventilation

Le rôle de l’électricité dans le DPE

L’électricité joue un rôle important dans le calcul du DPE, car elle est utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude, exception faite pour les appartements ou les maisons alimentés au gaz bien entendu. Elle pèse donc plutôt lourdement dans le classement DPE d’un logement alimenté en électricité.

Chauffage électrique et DPE : comment est-il calculé ?

La part du chauffage électrique dans le calcul du DPE se fonde sur la consommation d’énergie finale, transformée en quantité d’énergie primaire par l’application d’un coefficient d’énergie primaire (CEP). C’est ce coefficient qui a fait l’objet d’une modification réglementaire, au bénéfice des logements chauffés à l’électricité.

Le coefficient de conversion de l’électricité

Ce coefficient, fixé à 2,3 jusqu’au 1er janvier 2026, pénalisait mécaniquement les logements chauffés à l’électricité, et à plus forte raison ceux mal isolés ou ceux équipés de radiateurs peu performants et énergivores, comme les convecteurs, surnommés « grille-pains ». Il en résultait un mauvais classement au DPE.

Mais depuis le 1er janvier 2026, le coefficient est désormais de 1,9.

DPE électricité : ce qui a changé en 2021… et ce qui change en 2026

Rappel réforme DPE 2021

La réforme du DPE de 2021 a introduit plusieurs nouveautés :

  • La création d’une nouvelle méthode de calcul, basée sur la performance énergétique
  • Le fait que le DPE devient opposable d’un point de vue juridique, dans le sens où il peut être utilisé en justice ; il engage désormais la responsabilité du propriétaire
  • La création d’une étiquette énergie et climat, le DPE prend alors en compte la consommation d’énergie les émissions de gaz à effet de serre

Cette réforme a accentué la différence de traitement entre les différentes énergies. Résultat : beaucoup de logements alimentés en électricité ont été classés en classe F ou G au DPE. Le problème pour les propriétaires ? Sans travaux de rénovation, les logements classés G sont exclus du marché locatif depuis le 1er janvier 2025, et ce sera bientôt au tour des logements F.

Les ajustements de 2024–2025

Quelques ajustements quant au mode de calcul ont été effectués. Cela concerne essentiellement les logements de petites surfaces qui se trouvent moins pénalisés. Pour autant, dans l’écrasante majorité des cas, la part de l’électricité dans le calcul du DPE pesait encore très lourd.

Qu’est-ce qui va changer pour le DPE en 2026 en faveur du chauffage électrique ?

L’arrêté du 13 août 2025, change considérablement la donne. Il fait passer le coefficient de conversion de 2,3 à 1,9. Cette retouche apparemment mineure produit un effet considérable. Cela modifie le classement DPE d'environ 850 000 logements chauffés à l'électricité. Ils sortent alors du statut de passoires thermiques. Les propriétaires de tels biens peuvent donc mettre de nouveau leur logement sur le marché locatif, tant que celui-ci n’appartient plus à la classe G.

L’État a souhaité modifier ce mode de calcul afin de favoriser l’électricité française, largement décarbonée, contre le gaz naturel et le fioul, majoritairement importés et responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre.

À retenir :

Cette évolution corrige une inégalité structurelle qui pénalisait l'électricité française, pourtant fortement décarbonée, au détriment des énergies fossiles. Elle permet également de mieux refléter l’empreinte carbone d’un logement chauffé à l’électricité.

Le chauffage électrique pénalise-t-il encore le DPE aujourd’hui ?

Il n’y a pas de réponse unique, car tout dépend du type d’équipement et du niveau d’isolation thermique du logement. Par exemple : des vieux convecteurs pénalisent fortement le DPE tandis que des radiateurs modernes, comme les radiateurs à inertie, ont un effet neutre voire favorable.

Ce qui pénalise vraiment le DPE

Une mauvaise isolation des murs, du toit et du sol, de même qu’un équipement de production d’eau chaude vétuste sont des éléments qui participent à une mauvaise note au DPE. Le mode de chauffage n’est qu’un élément parmi d’autres.

Comment améliorer un DPE avec un chauffage électrique ?

Si vous êtes propriétaire d’un logement chauffé à l’électricité, vous pouvez améliorer le DPE de votre bien, grâce à plusieurs actions simultanées.

Améliorer l’isolation (toiture, murs, fenêtres) et faire installer un système de ventilation performant, comme une VMC double flux sont deux aspects prioritaires. Investir dans une pompe à chaleur pour la production d’eau chaude est également une très bonne manière de faire remonter le DPE d’un logement.

Mais quel radiateur électrique choisir pour un bon DPE ? Si les radiateurs à panneaux rayonnants conviennent bien, les radiateurs à inertie sont encore plus efficaces. Ils sont moins gourmands en électricité et chauffent longuement les pièces où ils sont installés.

DPE électricité et obligations en cas de vente ou de location

Tout propriétaire doit obligatoirement fournir un DPE valide en cas de vente ou de mise en location de son logement.

Est-ce que le diagnostic électrique est obligatoire ?

Oui, la réalisation du diagnostic électrique est bel et bien obligatoire pour :

  • La vente d’un logement dont l’installation a plus de 15 ans
     
  • La location dans les mêmes conditions

La part du chauffage électrique dans le calcul du DPE change la donne pour beaucoup de propriétaires et d'investisseurs locatifs. Pour autant, anticiper les travaux de rénovation énergétique permet d'aller plus loin et d'éviter une interdiction de location d'ici quelques années.

    Questions fréquentes sur le DPE électricité
    • Beaucoup moins qu’auparavant. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9, ce qui améliore mécaniquement le classement des logements chauffés à l’électricité.

    • Oui. Cette évolution de calcul permet à certains logements chauffés à l’électricité de sortir automatiquement des classes F ou G.

    • Oui. Les anciens convecteurs électriques sont défavorables au DPE. Les radiateurs à inertie ou panneaux rayonnants, plus performants, améliorent la consommation estimée et donc la note.

    Olivier Djebali auteur
    Auteur
    Olivier Djebali - Rédacteur

    Rédacteur spécialisé en immobilier, ses articles abordent toutes les thématiques liées à l'achat, à la vente et à l'investissement immobilier : actualités, marché, tendances, réglementation... 

    Karine Dabot
    Relecteur
    Karine Dabot - Avocate associée

    Cet article a été relu par Karine Dabot, avocate depuis 1994 au barreau d'Aix-en-Provence.

    Spécialisée en droit bancaire, voies d'exécution et droit des sûretés, elle intervient principalement en contentieux civil et commercial, transactions immobilières et saisie immobilière.

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