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Conseil
Crée le 7 min
Auteur : Julie Barthoulat - Rédactrice

Maison individuelle à deux logements : quelles règles et possibilités ?

Construire ou aménager une maison individuelle à deux logements séduit de plus en plus de particuliers : pour accueillir un proche, générer un complément de revenus ou optimiser la valeur de leur bien.
Mais ce type de projet, à mi-chemin entre habitation individuelle et petit collectif, repose sur un cadre juridique et technique précis.
Urbanisme, fiscalité, financement, démarches administratives… mieux vaut en comprendre les contours avant de se lancer.

Résumé de cet article :

  • Il est possible de construire ou d’aménager une maison individuelle à deux logements, sous réserve du respect des règles d’urbanisme locales et du Code de l’urbanisme.
  • La distinction entre maison individuelle, maison bi-familiale et petit collectif a des impacts directs sur le permis de construire, les normes techniques et les taxes.
  • Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) est le document de référence pour vérifier la faisabilité du projet.
  • Le projet peut répondre à différents objectifs : investissement locatif, projet familial ou valorisation patrimoniale.
  • Un prêt immobilier classique peut financer ce type d’opération, avec un montage adapté à la présence de revenus locatifs.

Maison à deux logements : de quoi parle-t-on exactement ?

Qu’est-ce qu’une maison individuelle à deux logements ?

Une maison individuelle à deux logements correspond à une construction unique comprenant deux unités d’habitation distinctes, disposant chacune de leurs espaces de vie autonomes. Ces logements peuvent être superposés ou mitoyens, mais ils doivent présenter une séparation fonctionnelle claire : accès indépendants, espaces privatifs, voire équipements distincts.

Contrairement à une simple maison avec dépendance, chaque logement est ici considéré comme une entité habitable à part entière, susceptible d’être occupée ou louée séparément.

Différence entre maison individuelle, maison bi-familiale et logement collectif

La maison individuelle classique accueille un seul foyer. La maison bi-familiale, quant à elle, regroupe deux logements indépendants au sein d’un même bâtiment, sans pour autant relever d’un immeuble collectif au sens strict.

Le logement collectif implique généralement plusieurs logements et obéit à un régime plus contraignant en matière d’urbanisme, de sécurité et de copropriété. La maison à deux logements reste donc une solution intermédiaire, plus souple mais néanmoins encadrée.

Cas typiques de projets

Plusieurs configurations motivent ce type de réalisation :

  • Une maison intergénérationnelle (parents et enfants adultes sous un même toit, mais en toute indépendance).
  • Un projet d’investissement avec un studio ou T2 destiné à la location.
  • Une stratégie patrimoniale visant à préparer une revente partielle ou une transmission familiale.

Réglementation et urbanisme : ce que dit la loi

Le cadre posé par le Code de l’urbanisme

Le Code de l’urbanisme distingue la construction individuelle isolée de la construction groupée. Une maison à deux logements, bien qu’unique en apparence, peut être assimilée à une opération groupée si elle entraîne une densification ou une modification significative de la parcelle.

Cette distinction influence directement les obligations réglementaires et le type d’autorisation requis.

Permis de construire : un ou deux selon les cas

En pratique, un seul permis de construire peut suffire si les deux logements sont conçus dès l’origine dans un même projet architectural.

En revanche, une transformation ultérieure (division d’une maison existante) peut nécessiter un permis modificatif ou une nouvelle autorisation.

Un changement de destination ou une augmentation de surface au-delà de certains seuils impliquera également une demande spécifique.

Les normes techniques à respecter

Pour être reconnue comme telle, la maison à deux logements doit respecter plusieurs critères :

  • Accès indépendants pour chaque logement
  • Places de stationnement conformes aux exigences locales
  • Séparation thermique et phonique
  • Compteurs distincts (eau, électricité, parfois gaz)
Bon à savoir

Certains PLU imposent une surface minimale par logement ou limitent le nombre d’unités par parcelle, afin de préserver la cohérence architecturale du quartier.

Création d’un second logement : focus sur la taxe d’aménagement

La création d’un second logement entraîne, dans la majorité des cas, l’application d’une taxe d’aménagement. Celle-ci est calculée en fonction de la surface créée, de la valeur forfaitaire fixée annuellement par l’État et des taux votés par la commune et le département.

Cette taxe devient exigible dès l’obtention de l’autorisation d’urbanisme et peut représenter un coût non négligeable, en particulier lorsque le projet prévoit une augmentation significative de la surface habitable.

Bon à savoir

La taxe d’aménagement est due indépendamment de l’usage futur du logement (occupation personnelle ou mise en location). Elle doit donc être intégrée dès la phase de conception du projet et dans le plan de financement global.

Aspects pratiques et financiers

Financer une maison à deux logements

Un prêt immobilier classique peut parfaitement financer ce type de projet. La banque analyse le dossier en tenant compte de la destination des logements : habitation principale, locatif ou mixte.

Les revenus issus de la location peuvent être intégrés dans l’étude de solvabilité, renforçant ainsi la capacité d’emprunt.

Il est vivement conseillé de réaliser une simulation de prêt immobilier afin d’anticiper le budget global et la répartition des charges.

Le taux de crédit immobilier dépendra notamment du profil de l’emprunteur, de la durée choisie et de la part locative du projet.

Aides et dispositifs mobilisables

Selon les cas, certains dispositifs peuvent être sollicités :

  • PTZ pour la résidence principale sous conditions de ressources
  • Prêt Action Logement pour les salariés éligibles
  • Aides locales proposées par certaines collectivités

Fiscalité pour une maison à deux logements

Créer ou aménager deux logements peut ouvrir la voie à des stratégies telles que “ louer une pièce de sa maison ” ou “ transformer sa résidence principale en location ”.

Ces choix impliquent une fiscalité spécifique, qui varie selon l’usage retenu et le statut du logement : revenus fonciers, régime micro-foncier ou réel, voire location meublée.

La taxe foncière peut également évoluer en fonction de la nouvelle configuration du bien. La création d’un logement supplémentaire entraîne généralement une réévaluation de la base taxable par l’administration, ce qui peut impacter le montant annuel dû par le propriétaire.

Bon à savoir

Le choix du statut (meublé ou non) influence directement le montant de l’impôt, les charges déductibles possibles et la rentabilité globale du projet.

Avantages et limites

Ce type de projet offre de réelles opportunités, mais mérite d’être envisagé avec lucidité. Entre potentiel de valorisation et contraintes pratiques, l’équilibre repose avant tout sur un projet bien pensé en amont.

Avantages :

La maison à deux logements permet de conjuguer souplesse d’usage et optimisation patrimoniale, tout en répondant à des besoins évolutifs.

  • Générer un complément de revenus grâce à la location d’un des logements, de manière ponctuelle ou pérenne.
  • Valoriser son patrimoine en anticipant une possible revente partielle ou une diversification des usages.
  • Offrir une solution d’hébergement indépendante à un proche tout en conservant une vraie intimité.
  • Adapter son bien aux évolutions de la vie : vieillissement, autonomie d’un enfant, recomposition familiale.

Limites :

Si l’opportunité est réelle, elle suppose également une préparation rigoureuse et une visibilité à long terme.

  • Des démarches administratives plus complexes qu’un projet classique.
  • Des coûts supplémentaires liés à la création d’accès distincts, aux réseaux et aux équipements indépendants.
  • Une gestion locative à anticiper : vacance locative, entretien, obligations réglementaires.
  • Une rentabilité qui dépend fortement du marché local et de la demande.

Ces éléments doivent être soigneusement mis en perspective afin de garantir la cohérence du projet avec vos objectifs financiers et votre capacité d’investissement.

Quelle réglementation pour une maison à deux logements ?

Le rôle central du PLU

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) détermine les règles applicables à la parcelle : emprise au sol, hauteur maximale, coefficient d’occupation, stationnement, aspect extérieur… Il constitue une étape incontournable avant toute démarche.

Une consultation en mairie ou auprès d’un architecte permet de vérifier la conformité du projet et d’éviter les refus administratifs.

Autorisations à obtenir et démarches à effectuer

Dans la pratique, la réussite d’un projet de maison à deux logements repose autant sur la qualité du dossier que sur le respect rigoureux des formalités administratives. Mieux vaut donc appréhender ces étapes comme un fil conducteur indispensable, depuis la réflexion initiale jusqu’à la livraison du projet.

Les principales étapes à anticiper sont les suivantes :

  1. Étude de faisabilité technique et réglementaire du projet.
  2. Consultation du PLU et prise de contact avec le service urbanisme de la commune.
  3. Dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable, selon la nature des travaux.
  4. Instruction du dossier par l’administration et affichage réglementaire de l’autorisation.
  5. Déclaration d’achèvement et de conformité des travaux.
A noter

Certaines communes exigent une étude de stationnement ou un diagnostic de raccordement aux réseaux avant validation du projet.

Exemples de projets concrets

Maison avec logement principal + studio locatif

Cette configuration permet de conserver une résidence principale confortable tout en générant un revenu complémentaire grâce à la mise en location d’un espace indépendant, souvent apprécié pour sa flexibilité et sa rentabilité.

Elle convient particulièrement aux propriétaires souhaitant amortir leur investissement ou sécuriser une partie de leurs charges grâce à des loyers réguliers.

Maison intergénérationnelle

La maison intergénérationnelle répond à une logique de proximité familiale tout en préservant l’autonomie de chacun. Elle permet d’accueillir un parent âgé ou un enfant adulte dans un logement distinct, tout en facilitant entraide et présence quotidienne.

Ce type de projet est souvent motivé par des considérations à la fois humaines, pratiques et patrimoniales, notamment dans une optique de transmission.

Maison divisée pour colocation ou location saisonnière

Dans les zones touristiques ou universitaires, la division d’une maison en plusieurs espaces de vie distincts peut répondre à une forte demande locative. Cette solution vise généralement à optimiser la rentabilité du bien, sous réserve du respect strict des règles locales et, le cas échéant, des déclarations spécifiques liées à la location saisonnière.

Elle nécessite une attention particulière à l’aménagement, à la gestion et au cadre réglementaire applicable.

Sources & références

  • Code de l’urbanisme - articles L.421-1 et suivants
  • Plan Local d’Urbanisme (PLU)
  • Code Général des Impôts - dispositions relatives à la taxe foncière
  • Loi ALUR n°2014-366 du 24 mars 2014
  • Décret n°2017-456 relatif aux autorisations d’urbanisme
    rédactrice
    Auteur
    Julie Barthoulat - Rédactrice

    Rédactrice spécialisée en immobilier, assurance et finance. Je décrypte les évolutions du marché pour rendre ces sujets accessibles à tous. 

    À travers des contenus clairs et pédagogiques, j'accompagne les lecteurs dans leurs décisions financières et immobilières en leur apportant des informations fiables et actualisées.

     

    Karine Dabot
    Relecteur
    Karine Dabot - Avocate associée

    Cet article a été relu par Karine Dabot, avocate depuis 1994 au barreau d'Aix-en-Provence.

    Spécialisée en droit bancaire, voies d'exécution et droit des sûretés, elle intervient principalement en contentieux civil et commercial, transactions immobilières et saisie immobilière.