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Garantir la cohérence architecturale et urbaine grâce au mimétisme

mimétisme architecture urbaine

12/07/2017

La loi Alur a simplifié les Plans Locaux d’Urbanisme. L’objectif est clair : faciliter la densification et la modification de l’habitat. Ces deux leviers doivent permettre de lutter à la fois contre le manque de logements et la précarité énergétique. Mais cette simplification comporte un risque majeur : voir émerger un habitat disparate, déconnecté du territoire et de sa culture.

Dans ces projets de travaux d’agrandissement, les contraintes techniques imposent des formes, des matériaux, ou bien encore des tailles d’extension. Dès lors, des « verrues » peuvent apparaître dans le paysage, et remettre en cause l’homogénéité de l’urbanisme local

Le risque d’une mauvaise intégration dans le paysage

La création d’une extension ou d’une surélévation vient modifier de manière considérable l’aspect d’un bâtiment. Imaginez une rue composée d’une dizaine d’immeubles en béton de même hauteur, qui verrait l’un de ses édifices être surélevé avec du bois : voilà qui dénaturerait l’harmonie de l’artère. Une coquille de bois se retrouverait en effet posée sur un toit, sans cohérence aucune. Au-delà de l'esthétique, c’est tout un panorama et une perspective qui seraient remis en question dans ces conditions.

Pour les projets de rénovation (notamment thermique), des contraintes techniques imposent parfois certains types de travaux. Un bâtiment peut ainsi être mieux isolé par l’ajout d’une isolation extérieure. Cette nouvelle enveloppe vient dès lors se substituer à la façade originale.

En cas de dégradation trop prononcée d’un immeuble, sa destruction/reconstruction peut être exigée. Or, un édifice haussmannien démoli ne serait vraisemblablement pas rebâti à l’identique : les normes et les techniques de construction ne sont, en effet, plus adaptées à ce genre d’architecture. Une structure moderne de type BBC viendrait le remplacer. Comment imaginer que la greffe de ce bâti contemporain pourrait prendre entre deux immeubles haussmanniens ?

Immeubles mimétiques : une solution pour garantir l’homogénéité des édifices

Dans la mesure du possible, il est donc recommandé de conserver le style architectural de la zone d’implantation pour une meilleure intégration. Le but ? Éviter les incohérences de style pouvant dénaturer l’esthétique et la dimension d’un édifice. Pour cela, les architectes ont imaginé une solution : le camouflage, une technique visant à mimer une autre architecture. À Paris, un immeuble moderne a ainsi été entièrement recouvert de panneaux composites, sur lesquels est imprimée une photographie de façade haussmannienne. Ce mimétisme a été travaillé jusque dans les moindres détails : par exemple, des volets battants ont été préférés à des versions plus contemporaines, par souci de cohérence. À l’intérieur, des fenêtres et des volets traditionnels ont été représentés, ainsi que les garde-corps en métal typiques de ce genre de construction.

Ce mimétisme permet d’enrichir des constructions avec des éléments techniques modernes, tout en préservant l’environnement proche et l’homogénéité urbaine. En d’autres termes, ces immeubles mimétiques remettent au goût du jour ce qu’on appelle plus communément le « trompe-l’œil » !

 

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